Deuil Animaux

Bien vivre avec son chien, du premier jour au dernier

Vivre avec l'absence

Garder une trace : urnes, empreintes, tatouages, souvenirs

Empreinte de patte en argile posée sur une table

Il y a un moment, quelques semaines après, où l’on se rend compte qu’on n’a rien gardé. Pas d’empreinte, pas une mèche de poils, et pour dernière photo un cliché flou pris dans la salle d’attente. Le collier est encore dans l’entrée, et c’est tout.

Beaucoup de choses se vendent pour garder une trace d’un animal mort. Des urnes à 40 euros et des urnes à 300, des pendentifs, des moulages, des portraits au crayon. Certaines valent leur prix. D’autres finissent dans un tiroir au bout de six mois.

Deux ou trois d’entre elles ne peuvent se faire qu’à un instant précis, avant que le corps parte. Ce sont celles-là qu’il faut connaître d’abord, parce que le reste attendra toujours.

Ce qui se décide avant le départ et ne se rattrape pas

Une empreinte de patte se prend sur un animal vivant, ou dans les heures qui suivent la mort, avant que la rigidité cadavérique s’installe. Elle démarre entre deux et six heures après le décès. Passé ce délai, la patte ne s’ouvre plus. Et si le corps est parti à l’équarrissage ou en crémation collective, il n’y a plus rien à prendre.

Trois choses valent d’être demandées avant l’euthanasie, ou dans la première heure si votre animal est mort chez vous :

  • une empreinte de patte, en argile ou à l’encre ;
  • une mèche de poils, prise sur le flanc ou l’arrière de la tête ;
  • une photo correcte, faite la veille, à la lumière du jour.

Les cliniques et les crématoriums proposent ces prestations, souvent sans les mettre en avant. Chez Anima Care, la mèche de poils conditionnée en pochette coûte 13 euros TTC et le moulage d’une patte ou d’une truffe, présenté en coffret, 39 euros TTC. Un cadre empreinte chez Esthima est facturé 44 euros. Vous pouvez aussi le faire vous-même : un kit d’argile à empreinte se trouve autour de 4 euros en grande surface, avec 500 grammes de pâte et un cercle de présentation. Beaucoup le font à la maison, la veille du rendez-vous, quand l’animal est encore calme.

Dites-le au vétérinaire au moment de la prise de rendez-vous, pas dans la pièce. Pendant, vous ne serez plus en état de demander quoi que ce soit.

Pour la photo, prenez-en une de vous avec lui. Beaucoup de gens ont six cents photos de leur chien et aucune où ils sont tous les deux. Filmez aussi dix secondes avec le son. Les images restent longtemps en mémoire, les voix et les bruits s’effacent vite.

Les urnes, de 30 à 300 euros

La question ne se pose que si vous avez choisi une crémation individuelle, la seule qui rende les cendres. Une urne simple est presque toujours comprise dans le forfait, et son coût est déjà dans le prix annoncé.

Si celle-là ne vous convient pas, comptez 40 à 200 euros pour du bois, du plaqué industriel au bois massif tourné à la main. La céramique va de 50 à 300 euros selon qu’elle sort d’une série ou d’un atelier. Le métal, laiton ou inox, tient entre 60 et 250 euros et reste étanche, ce qui compte si vous enterrez l’urne. Une urne biodégradable coûte 30 à 80 euros. Une gravure de nom et de date ajoute 15 à 40 euros.

Les mini-urnes, entre 20 et 70 euros, servent à répartir une part des cendres entre plusieurs personnes. C’est la solution la moins conflictuelle quand deux membres d’une famille séparée veulent chacun quelque chose.

L’urne à planter est un objet à part. Le modèle Bios pour animaux, autour de 180 euros, contient une graine de pin et se dissout dans la terre en trois à six mois. La graine germe ou ne germe pas, cela dépend du sol, de l’exposition et de l’arrosage des deux premiers étés. Et si vous déménagez dans cinq ans, l’arbre reste chez les suivants. Les cendres d’animaux ne sont pratiquement pas encadrées par la loi française, contrairement aux cendres humaines : vous pouvez les garder, les enterrer sur votre terrain, les répandre sur une propriété privée. Pas dans un parc public ni sur une plage. Les règles sur l’inhumation dans un jardin restent, elles, très précises.

Ce qu’on porte sur soi

Un pendentif à cendres en acier inoxydable se vend entre 30 et 50 euros, souvent gravable. En argent 925 ou en or, on monte de 100 à plusieurs centaines d’euros. La contenance est minuscule, l’équivalent d’une pincée : le reste des cendres reste dans l’urne. Vérifiez que la fermeture est vissée et non seulement clipsée, et collez le pas de vis à la colle cyanoacrylate avant de le porter. Un bijou perdu dans le métro l’est définitivement.

Le médaillon à poils suit la même logique, à ceci près qu’il ne dépend pas d’une crémation. Une mèche prélevée du vivant de l’animal peut être coulée dans de la résine ou du verre par un artisan, pour 30 à 120 euros, la plupart des pièces se situant entre 45 et 75 euros. Comptez trois à cinq semaines de fabrication.

Le tatouage mémoriel coûte moins cher qu’on ne l’imagine. Un motif de cinq centimètres se situe entre 50 et 120 euros, la plupart des studios français appliquant un minimum de 50 à 100 euros et un tarif horaire de 80 à 150 euros. Si vous voulez l’empreinte réelle et non un pictogramme, apportez l’empreinte à l’encre ou une photographie nette et bien éclairée : le tatoueur la redessine. Une empreinte en argile, creuse et en relief, se transpose mal.

Sur le délai, un mot honnête. Rien n’oblige à le faire dans la semaine. La peau, elle, ne se corrige pas.

Portrait, plaque, et ce qu’on accroche au mur

Un portrait dessiné ou peint d’après photo se commande auprès d’illustrateurs qui affichent rarement leurs tarifs et travaillent sur devis. Selon le format et la technique, crayon, pastel ou aquarelle, l’ordre de grandeur va de 80 à 400 euros, avec un délai de plusieurs semaines. Tout se joue sur la photo source : un cliché net, pris de face, avec les yeux dans la lumière, donne un résultat sans commune mesure avec une photo de téléphone prise à contre-jour.

La gravure sur pierre a l’avantage de durer. Une plaque d’identification pour un jardin du souvenir démarre autour de 55 euros. Une plaque en granit gravée au nom et aux dates, posée sur une tombe de cimetière animalier ou au fond d’un jardin, se situe plutôt entre 80 et 250 euros selon la taille et le nombre de caractères.

La taxidermie, et pourquoi elle convient à très peu de gens

Faire naturaliser un chien revient à environ 800 euros, davantage pour un grand format. Le délai est de plusieurs mois. Le corps doit être congelé très rapidement après la mort, ce qui suppose d’avoir décidé en quelques heures, et cela exclut évidemment la crémation.

Ce que rend un taxidermiste, c’est une peau montée sur une forme, avec des yeux de verre et une posture choisie. Le travail peut être remarquable techniquement et rester étranger : l’expression d’un animal tient à des micro-mouvements qu’aucun montage ne restitue. Une partie des taxidermistes refusent d’ailleurs les animaux de compagnie. Si vous y pensez sérieusement, demandez à voir des photos de leurs réalisations sur des chiens ou des chats avant de vous engager, et pas seulement sur du gibier.

Les traces qui ne coûtent rien

Le dossier photo est ce que la plupart des gens regrettent de n’avoir pas trié. Prenez une soirée, sortez trente ou quarante images, mettez-les dans un album à part, et sauvegardez-le à deux endroits, un disque externe et un service en ligne. Un téléphone volé efface douze ans.

Écrivez une page pendant que c’est encore net. Ce qu’il faisait à six heures du matin, le bruit de ses griffes dans le couloir, la fois où il a rapporté quelque chose d’immonde du fond du jardin. Ce texte ne s’adresse à personne. Il se relit à trois ans et ramène des détails que vous auriez perdus.

Notez la date quelque part, dans un carnet ou dans l’agenda. Deux ans après, beaucoup de gens ne se souviennent plus du jour exact et cela les met mal à l’aise.

Le collier, la gamelle et le panier sont eux aussi des traces, et rien n’oblige à les traiter tout de suite : ce que vous faites de ses affaires peut attendre des mois.

Enfin, certaines personnes n’ont besoin d’aucun objet. L’urne sur l’étagère les met mal à l’aise, le pendentif reste dans un tiroir, le portrait accroché au mur leur serre la gorge chaque matin. Cela n’a rien à voir avec la force de leur attachement. Elles gardent ce qu’elles gardent dans la tête, et cela leur suffit.

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